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Mes chaussures font du bruit dans la cage d'escalier et m'arrachent la peau des orteils. Je descends lentement par les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur. Je m’imagine que tu vas arriver et me retenir. Je laisse passer les métros. J’aimerais être enterrée là, car à partir de ce matin tout n’est qu’aberration.
Le vent soulève les cheveux des gens et dépose de la tristesse sur mes épaules. Je me demande si ça se voit sur ma gueule que je suis amoureuse et malheureuse, que c'est une spirale dégueulasse. Je m’imagine que tu vas arriver et me retenir. Nous emmener loin de cette mascarade.

Hier j’étais entre chien et loup  et j’ai couru jusqu’à la gare,  j’ai raté mon train,il démarrait lentement quand j'arrivais sur le quai. c'était un signe.  j’ai couru loin de la gare. Puis je me suis obstinée, aveuglée, arraché des plumes, décousu cette sagesse. Cette distance désormais insupportable, les coups poing du cœur. Puis j’ai refait demi-tour, dans cette petite ruelle .  j’ai raté mon train, c'était un signe, il fallait le contredire et le provoquer, passer outre et agir à l'instinct mauvais. tu es cette petite impulsion avant de sauter dans le vide. Celle qui te fait sentir anormalement vivant.

J’aimerais me dissoudre, j’aimerais devenir une trace sale dans la station de métro pour te voir passer tous les jours, être une ombre qui passe sur ton visage, j’aimerais être un néon en fin de vie qui éclaire tes pas alors que tu regardes pas devant toi . j’aimerais être un de ces arbres chétifs pour te voir tourner au coin de la rue. Je suis des cheveux clairs sur ta brosse, une petite tornade sans conséquences et c’est tout.

tu es cette petite impulsion avant de sauter dans le vide. Je sauterai et sauterai encore et encore, peu importe la chute.